CHEVAUX DE LEGENDES
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CHEVAUX DE LEGENDES
Léo Gantelet est né le 30 Juin 1940 à Seynod, près d’Annecy, Haute Savoie. Marié, père de deux enfants, il y réside toujours.
Après des études classiques dans plusieurs collèges de son département, et notamment à La Roche sur Foron, la fin de son parcours secondaire s’infléchit quelque peu vers le scientifique. Il aura son second baccalauréat dans la série « Sciences Expérimentales ».
En 1962 il entre chez Bull à Paris pour y apprendre et exercer le métier, alors fort méconnu, d’informaticien. Après six années dans cette firme, il crée avec deux amis une société d’informatique, la Sopra (effectif de 9000 collaborateurs à ce jour), dont il partagera la direction pendant 17 ans.
De 1978 à 1980, des ennuis de santé contraignent Léo Gantelet à ralentir son activité professionnelle. Cela lui donne la possibilité de s’intéresser à l’Art, domaine vers lequel il inclinait depuis toujours mais qu’il n’avait pu réellement approcher par manque de temps. C’est ainsi qu’au Printemps 1981 il ouvre avec une équipe d’amis, une galerie d’Art à Annecy. 23 ans plus tard, la « Galerie Bagnorea », créée sur la base d’une association à but non lucratif, est toujours en activité.
Dans le même temps, Léo Gantelet commence à réaliser un vieux rêve : écrire; à faible dose au début car son activité professionnelle même réduite, et la responsabilité de la galerie, lui laissent encore peu de disponibilité. Il lui faudra attendre août 1984, date à laquelle il se retire complètement de Sopra, pour être enfin libre. Plusieurs travaux, dont un journal de voyage en Extrême Orient, bien que non publiés, lui servent d’exercices pratiques pour affirmer ses propres idées et trouver son style. Simultanément, il écrit de la poésie.
En Mai 1990, la « Galerie Bagnorea » organise une soirée poésie au cours de laquelle ses poèmes sont déclamés par le comédien Philippe Roman. L’impact sur le public est excellent et Léo Gantelet décide de publier un premier recueil. Ainsi, en Octobre 1991, parait « Unique Langage » aux éditions Stocchiero (Vicenza - Italie). Cet ouvrage (bilingue: Italien - Français) est préfacé et illustré par le sculpteur et maître graveur italien Maurizio d’Agostini
Début 1992, Léo Gantelet traduit de l’Anglais un long poème dramatique de Tennyson, « Enoch Arden », qui sera publié l’année suivante aux éditions Sauvagine (Genève). Il se trouve qu’à la fin du siècle dernier, Richard Strauss écrivit sur ce texte une musique d’accompagnement au piano. Dès lors « Enoch Arden » fut joué sur scène par un comédien accompagné au piano par Richard Strauss lui-même. Ce mélodrame connut un immense succès sur toutes les scènes Anglo-saxonnes. Aujourd’hui, cette pièce qui a été reprise dans la traduction française de Léo Gantelet par le comédien Alain Carré et la pianiste belge Maureen Bothuyne, a été donnée une douzaine de fois sur des scènes françaises, belges et suisses. En outre, elle a été diffusée sur les ondes nationales belges en décembre 1996. Un CD de cette version française avec ces mêmes interprètes, a été enregistré.
Fin 1995, Léo Gantelet signe aux éditions Rossat-Mignod (Annecy), le texte d’un imposant volume sur la Haute Savoie, « Légendes des Sommets ». Cet ouvrage, qui rassemble près de 250 photos prises d’hélicoptère par Denis Vidalie sur l’ensemble du département, fait aussi revivre les vieilles légendes montagnardes. Il donne également à son auteur l’occasion d’exprimer sur tel ou tel site, ville ou village, une vision originale.
La quatrième parution qui date de 1997, est un nouveau recueil de poèmes intitulé « Pourquoi » ; « Perché » en Italien, car il est en deux langues. Chacun des 30 poèmes qu’il contient a donné lieu à une illustration au pastel directement inspirée du texte, par Maurizio d’Agostini, le même artiste qui avait déjà illustré son premier ouvrage, « Unique Langage ».
En 1993, Léo Gantelet avait créé, dans le cadre de la « Société des Auteurs Savoyards » à laquelle il appartient, et en partenariat avec la commune de Seynod, « Les Vendredis de Malaz » ; pendant 7 ans, il animera ces soirées à caractère littéraire qui continuent d’avoir lieu à un rythme de 6 à 7 manifestations par an.
Enfin, plus récemment, il entreprend le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle ; le 15 août 1999, il quitte son domicile et rejoint à pied la ville sainte où il arrive le 10 novembre après quelque 3 mois de marche. Cet épisode lui ouvre de nouveaux horizons ; littéraires notamment. C'est ainsi qu'il écrit un certain nombre de textes et de poèmes qui seront publiés dans des revues jacquaires; et aussi une chanson, dont il enregistre un CD, qui court désormais sur le chemin par la voix des pèlerins. En 2002, il met un point final à un manuscrit qui, sous le titre «En si bon Chemin… vers Compostelle » et dans lequel il relate son aventure compostellienne, est publié chez Lepère Editions à Paris. En août 2005, le texte de cet ouvrage sera classé dans les 48 finalistes du concours Writemovies de Hollywood, lequel regroupait 1000 concurrents de toutes les régions du monde.
En 2003, Léo Gantelet rédige le commentaire du film « Vers Compostelle » (47 minutes), commandité par l'Association des Amis de Saint-Jacques en Rhône-Alpes, et qui met en avant la Via Gebennensis, c'est-à-dire le tronçon de chemin (350 km) qui conduit le pèlerin de Genève au Puy-en-Velay, à travers la Haute Savoie, la Savoie, l'Isère, la Loire et la Haute Loire. Le film est présenté au public en février 2004.
En 2004, il signe aux Editions de l’Astronome, un sixième ouvrage sous le titre « Dis-moi… Lac » ; une rêverie poétique en forme de dialogue avec son confident préféré, le Lac.
En 2005, il publie aux Editions du Mont, sous le titre « Chevaux de Légendes » un septième livre, illustré par Laurent Foucher à partir de 23 textes de sa plume.
Fin 2005, à la lecture d'un article sur le sujet, il décide de faire le pèlerinage des 88 temples bouddhistes, lequel consiste à faire le tour de l'île de Shikoku au Japon. En guise de préparatifs de cette aventure, il se met à l'apprentissage du japonais. Un an après, le 28 septembre 2006, il prend le départ au temple numéro 1.Cinquante jours plus tard, le 16 novembre 2006, il se retrouvera à nouveau au temple numéro 1 après avoir bouclé la boucle et visité chacun des 88 temples. Un livre sur cette pérégrination est en préparation so.
En 2007, Léo Gantelet publie aux Editions de l’Astronome, son premier roman : « Perles d'Océan », une belle histoire de marin qui a pour théâtre la Bretagne et la Polynésie.
En 2008, il met un point final au récit de son aventure japonaise : 50 jours de marche sur le chemin des 88 temples bouddhistes dans l’île de Shikoku accomplis en 2006. Un livre est publié aux Editions de l’Astronome sous le titre « Shikoku, les 88 Temples de la Sagesse », et le sous titre « Le Compostelle Japonais ».
En 2009, l’ouvrage étant épuisé mais toujours très demandé, réédition de «En si bon Chemin… vers Compostelle » augmenté d’une nouvelle marche : 330 km entre Gillonnay (Isère) et Arles) et d’un vade mecum pour pèlerin.
En 2010, publication d’un ouvrage intitulé « Le Chemin Idéal », qui raconte la genèse et l’histoire d’un chemin initiatique tracé au sol par des dalles de pierre. Cet itinéraire de 300 mètres conduit le visiteur autour de la maison de Léo Gantelet à la rencontre de sculptures (au nombre de 33) chargées de sens symboliques. Visites ouvertes en certaines circonstances et sur rendez-vous. Après « En si bon Chemin… vers Compostelle » et « Shikoku, les 88 Temples de la Sagesse », cette dernière parution constitue le troisième volet d’une trilogie sur le thème du Chemin.
Léo GANTELET - 8 Route des Emognes - 74600 SEYNOD - FRANCE -
Tel : 04 50 69 15 41 - E-mail : xgantelet@aol.com - Blog : http://xgantelet.over-blog.com
Cette tour, je l’avais toujours connue. Avant même de l’avoir jamais vue, on en parlait à la maison. Plus tard, lorsque j’étais écolier, vers la fin de l’année scolaire, quand à l’approche des
vacances la concentration ordinaire laissait place à une certaine détente, nous y allions en promenade sous la conduite du maître. Le prétexte était d’herboriser : reconnaître les plantes,
les bosquets, les arbres, à leur feuillage, à leurs fruits… Une démarche fort louable de la part d’un instituteur investi de la noble mission d’ouvrir nos yeux, nos oreilles et nos consciences,
aux réalités de la nature.
Mais la démarche allait bien au-delà. Pour ma part, elle était avant tout, et resterait toujours dans mon souvenir, une promenade hautement poétique, que plus tard je rapprocherai des rêveries bucoliques de Virgile ou de Jean-Jacques Rousseau. Je revois comme si j’y étais encore cette vieille bâtisse solitaire posée comme un point d’exclamation au sommet d’un mont isolé. Je ressens encore sur ma peau la fraîcheur de l’ombre des chênes et des marronniers qui l’entouraient. Je sens l’odeur des lilas et des cytises qui formaient comme une voûte conduisant à l’entrée. Je me souviens aussi d’un arbre, un lilas peut-être, qui non sans une certaine insolence, poussait sur la terrasse-même tout en haut.
Cette tour, nous ne savions rien de son histoire. Elle était là comme un mystère enveloppé dans son bosquet de verdure. Plus tard, devenu adulte, j’essayai d’en savoir un peu plus sur son compte. Mais à chaque fois que j’abordais la question, les résultats de ma quête s’avéraient aussi minces qu’aléatoires. Des informations diverses et contradictoires couraient sur le sujet. Une chose était sûre, un document cadastral l’attestait, elle avait été construite avant 1868. Pour le reste, quelques-uns affirmaient qu’elle avait été édifiée par un certain Fontaine pour servir de lieu de pique-nique, de jeux, de rencontre, d’observatoire astronomique…on prétendait aussi qu’on y dansait sur la terrasse tout au sommet, les soirs d’été ; une sorte de rendez-vous des amis de la bonne société annécienne, en quelque sorte. Pour d’autres, elle aurait été construite par un ancien maire d’Annecy. On disait aussi qu’elle avait été une station du télégraphe de Chappe.
Mon père détenait une tout autre explication, du genre humoristique et en forme de bon mot, qu’il avait péchée je ne sais où. Selon lui, la tour aurait été l’œuvre d’un homme de loi qui se serait vanté de l’avoir construite « avec des têtes de bourrique », lesquelles n’étaient autres que celles des plaideurs imbéciles à qui il avait soutiré leur argent dans des procès inutiles.
Au fond, rien de convaincant dans ces diverses hypothèses, et le mystère reste toujours entier. Tant mieux, serais-je tenté de dire. Loin de moi l'idée de chercher noise aux historiens qui déploient un talent fou à disséquer le passé pour mieux le comprendre. Mais le mystère est souvent porteur d'un charme indéfinissable, qu'il faut savoir préserver parfois.
Quant à l'histoire récente de la Tour de Branchy, chacun la connaît plus ou moins. Elle était restée debout jusqu'aux années 70. Ensuite, toute la partie haute s'étant effondrée, l'édifice avait été ramené à la moitié de sa hauteur initiale qui était d'une quinzaine de mètres. Enfin, dans les années 90, la famille Fumex qui en était, et en est toujours propriétaire, avait relevé la vieille tour pour en faire un lieu de rencontres familiales. Ce faisant, sur des considérations pratiques, sa hauteur avait été portée à 17 m, ce qui changea légèrement sa silhouette. Mais on ne saurait tenir rigueur de cette petite fantaisie à ceux qui l'ont restaurée, tant il est vrai que les églises, les châteaux, les monuments les plus anciens que nous admirons aujourd'hui, sont toujours le fruit de multiples remaniements au cours des siècles et font partie de l'histoire. Viollet-le-Duc en son temps, ne s'était pas privé de cette liberté ; la Cité de Carcassonne en est un exemple fameux.
Mais tenons-nous-en à l'essentiel. Ce qui est réconfortant dans cette histoire, c'est que la Tour de Branchy est repartie pour un ou deux siècles d'une nouvelle vie, et qu'ainsi elle reste dans notre paysage familier, bien campée sur son mont, comme une sentinelle gardienne à la fois de nos souvenirs particuliers et de la mémoire collective de Seynod.
Léo Gantelet
Seynod 28 janvier 2008